Valérian et la cité des mille planètes : Pan ! Pan ! Tiouu ! Tiouu ! Tiouu !

Décidément, Luc Besson n’a plus rien à envier à Hollywood : l’action, les effets explosifs… et le manque de réflexion ?

La SF antimilitariste a bon dos en France, ce qui explique son succès dans notre bon vieil Hexagone (et sa dépopularisation chez nos américains, qui préfèrent s’intéresser à l’aspect technique ou stratégique de la guerre). Même si je trouve là le concept d’une race encline à pardonner un crime intéressant et toujours d’actualité, l’essentiel ne se situe pas dans la politique, mais bien dans les bagarres qui sont la clé du succès mondial. Mais tout n’est pas noir ! Le propos est nuancé : ici, il n’agit pas de critiquer vertement l’armée, mais plutôt de son incapacité à éviter les boucheries héroïques. Je n’en dirais pas plus pour ne pas dévoiler toute l’intrigue…

Enfin, commençons par le commencement : j’ai vu le film hier, et en bon inculte, j’avoue ne jamais avoir lu la bande dessinée. Erreur que je compte bien vite réparer, ce qui ne m’a pas empêché de relever quelques petits défauts à l’histoire…

Tout d’abord la scène où l’on voit la planète Mül. Tout le monde est heureux et danse, et je me dis depuis mon fauteuil que Besson en fait un peu trop : on dirait un Disney moins les chansons ! (Remarquez, ce n’est pas si mal que ça…) Puis viennent différentes scènes d’action, et je finis par me laisser aller à tous ces rebondissements qui ont un côté jouissif, et parce que les effets visuels, il faut l’avouer, font passer Avatar pour un film art et essai. Et si Valérian et Laureline, durant la première heure, font un peu trop flirt et compagnie, j’ai fini en revanche par apprécier leur petit côté Un gars une fille

Je ne m’appesantirais pas non plus sur le fait que Rihanna joue dans le film : après tout, elle apparaît peu et son rôle donne un peu de punch à l’histoire. Non, intéressons-nous plutôt à des personnages intéressants qui ont été quelque peu laissés pour compte : Bob le capitaine de sous-marin dans l’espace (mais si mais si, puisque je vous le dis), ou encore les trois Shingouz, époustouflants de réalisme, quand bien même je trouve que leurs voix auraient pu être plus réussies. Les différentes espèces : magnifiques, les décors : indescriptibles, bref, ce qui plombe, c’est donc peut-être des personnages absents ou un peu plats, et l’aspect romance qui y joue aussi (avouons qu’on s’attendait à mieux qu’à un « bad boy spatiotemporel » !)

Bref, c’est immense, c’est beau, c’est une prouesse, mais comme dans la majorité des blockbusters, on a délaissé la profondeur pour les pan ! pan ! pan ! et les planètes qui explosent. En temps que quasi-cinéphile, j’ai trouvé que le plan émotionnel n’avait pas changé depuis Le Grand Bleu, et le filmage/montage n’avait rien d’extraordinaire mis à part les travellings vertigineux. Ça reste du spectaculaire, de l’incroyable, du superbe, et je ne regrette pas ma place. Hélas, ce n’est pas ça qui va révolutionner la science-fiction sur le plan scénaristique…

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